Tawafoug : au Hodh Chargui, le développement se construit avec les territoires/Par THIAM Mamadou

7 October, 2026 - 23:06

Dans le Hodh Chargui (région du sud-est mauritanien), la crise des réfugiés a changé d’échelle. La wilaya accueille aujourd’hui plus de 290 000 réfugiés maliens, dont environ 120 000 au camp de Mbera et plus de 170 000 répartis dans plus de 70 villages d’accueil. Ainsi, la wilaya du Hodh Chargui fait face à une pression exceptionnelle sur ses ressources naturelles et ses services sociaux de base. Dans cette région frontalière, où l’afflux de réfugiés maliens s’est fortement accentué depuis 2023, le développement apparaît désormais comme un enjeu indissociable de la stabilité et de la cohésion sociale.

C’est dans ce contexte qu’a été lancé, en août 2024, le projet Tawafoug (Entente), financé par l’Union européenne et mis en œuvre pendant trente-six  mois par un consortium composé d’Action contre la Faim (ACF-Espagne), Save the Children et Terre des hommes.

Doté d’une enveloppe de 20 millions d’euros, Tawafoug intervient dans cinq moughataas, quinze communes et vingt terroirs. Mais sa particularité ne réside pas uniquement dans son approche territorial — eau, santé, éducation, protection, emploi ou développement économique. Elle tient surtout à la méthode : identifier les besoins à partir du territoire, les hiérarchiser avec les populations et associer les autorités, les élus et les services techniques à leur examen et à leur validation.

Une wilaya confrontée à une pression croissante

Le Hodh Chargui accueille des réfugiés maliens depuis 1998, avec une première vague d’arrivées enregistrée cette année-là. Depuis 2020, la dégradation de la situation sécuritaire au Mali a entraîné une intensification des arrivées, accentuant la pression sur les communautés et les territoires d’accueil.

Le camp de Mbera, conçu initialement pour recevoir environ 60 000 personnes, a largement dépassé sa capacité prévue. Selon les données évoquées par les responsables locaux, sa population aurait atteint environ 120 000 personnes depuis 2025.

La pression dépasse toutefois largement les limites du camp. Entre 70 et 80 localités de la wilaya seraient directement ou indirectement concernées par la présence de réfugiés, notamment dans la bande frontalière et dans les zones de Bassiknou, Adel Bagrou, Amourj, Timbedra, Dhar (Nbeiket Lahwache), ou encore Djiguenni.

Cette situation pèse sur l’accès à l’eau, les pâturages, les établissements scolaires, les structures sanitaires et les autres services sociaux de base.

Malgré cette pression, la Mauritanie a maintenu une politique d’accueil fondée sur l’hospitalité et le partage avec les populations réfugiées. Pour les autorités, le défi consiste désormais à renforcer simultanément la sécurité, le développement et la capacité d’accueil des territoires.

« La sécurité par le développement »

Pour Cheikh Abdallahi Ewah, coordinateur de la Cellule de Coordination, de Suivi et d’Évaluation des Projets et Programmes de Développement du Hodh  Chargui, la dimension sécuritaire demeure fondamentale dans une wilaya frontalière aussi vaste.

Ancien wali de l’Assaba, du Hodh Gharbi et du Hodh Chargui, Cheikh Abdallahi Ewah rappelle que l’État a mobilisé depuis 2019, d’importants moyens pour renforcer la sécurité dans la région et rapprocher les services publics des populations. Cette politique s’est ainsi traduite par une présence accrue de l’administration sur le terrain, accompagnée, selon lui, d’actions visant à améliorer les conditions économiques et sociales des populations.

La logique est celle d’une « sécurité par le développement », estime Cheikh Abdallahi Ewah, une orientation progressivement développée par la Mauritanie depuis 2010. L’objectif est de consolider la stabilité en répondant aux difficultés structurelles des territoires et en renforçant le lien entre l’État et les citoyens.

« Les populations identifient leurs problèmes et réfléchissent aux solutions », résume Cheikh Abdallahi Ewah, mettant ainsi en avant le principe qui sous-tend aujourd’hui l’Approche Territoriale Intégrée (ATI). Cette dynamique est également saluée par la Délégation de l’Union européenne en Mauritanie, qui accorde une importance particulière au projet Tawafoug. (voir en encadré Entretien avec Pierre Beziz, Chef d’équipe Gouvernance à la Délégation de l’Union Européenne en Mauritanie)

2020-2021 : les bases d’une stratégie régionale

Tawafoug n’est donc pas né isolément. Le projet s’inscrit dans une dynamique de planification du développement du Hodh Chargui engagée plusieurs années auparavant.

En 2020 et 2021, la Cellule de Coordination a travaillé à l’élaboration d’un programme spécifique pour la wilaya, en concertation avec les autorités, les collectivités, les services techniques, les acteurs locaux et les partenaires au développement.

Cette démarche a contribué à l’élaboration de la Stratégie Régionale de Croissance Accélérée et de Prospérité Partagée du Hodh Chargui (SCRAPP) 2021-2025, elle-même alignée sur la stratégie nationale.

L’approche retenue consistait à établir un diagnostic du territoire, identifier les problèmes, les hiérarchiser puis rechercher des solutions compatibles avec les orientations nationales.

Une étape importante a été franchie lors de la table ronde organisée à Néma le 21 novembre 2021. Le gouvernement y avait présenté un programme de développement de la wilaya évalué initialement à environ 100 millions de dollars.

Les discussions avec les partenaires ont abouti à des promesses de financement de l’ordre de 118 millions de dollars, selon les éléments communiqués par la Cellule. Plusieurs projets structurants ont alors été retenus, avec une répartition des responsabilités entre les organismes chargés de leur exécution.

Tawafoug figure parmi ces projets, mais il possède ensuite sa propre logique d’intervention et son propre dispositif opérationnel.

De la stratégie régionale à Tawafoug

Le projet a été négocié avec l’implication d’Action Contre la Faim (ACF-Espagne) dans le cadre de la coopération avec l’Union européenne, dans une dynamique renforcée à la suite de la visite en Mauritanie de la présidente de la Commission européenne, Ursula Von Der Leyen, en février 2024.

L’Union européenne a mobilisé une enveloppe globale annoncée d’environ 30 millions d’euros pour plusieurs interventions dans la région, dont 20 millions pour Tawafoug , mis en œuvre à travers un consortium piloté par ACF-Espagne compte tenu de son expérience et de sa connaissance du Hodh Chargui, et comprenant également Terre des Hommes et Save the children. Ces financements dans la région sont notamment complétés par le projet MIRECAM d’un montant de 8 millions d’euros en lien avec le développement rural et l’élevage (projet MIRECAM)

Le projet est coordonné depuis août 2024 par Franck Merceron, qui souligne l’importance de la participation des différents acteurs et de la transparence dans la définition des priorités.

Une méthode en plusieurs étapes

Lancé en août 2024 pour une période de 36 mois, Tawafoug applique l’Approche Territoriale Intégrée (ATI) à travers un processus qui va du ciblage géographique à la réalisation des investissements.

La première phase, conduite entre octobre et décembre 2024, a consisté à identifier les territoires prioritaires.

Les autorités régionales, départementales et communales ont été associées à cette sélection. Cinq moughataas ont été retenues, avant l’application d’une matrice de critères et de pondérations destinée à préciser le ciblage.

Le processus a abouti à la sélection de 20 terroirs et 107 villages répartis entre les moughataas de Dhar, Timbedra, Bassiknou, Amourj et Adel Bagrou.

Cette première étape a permis de croiser l’analyse technique avec la connaissance que les autorités et les responsables locaux ont des réalités de leurs territoires.

Les communautés passent ensuite du diagnostic à la priorisation

Après le ciblage, le projet a engagé les Planifications Communautaires Participatives (PCP).

Au total, 20 PCP ont été réalisées. Elles ont réuni populations, élus, autorités administratives, services techniques déconcentrés, leaders communautaires, organisations de la société civile, associations villageoises et représentants des différents groupes sociaux.

Ces consultations ont permis de recenser 750 priorités d’action parmi lesquelles : 33 à Nbeiket Lahwache, 114 à Amourj, 117 à Timbedra, 166 à Adel Bagrou et 320 à Bassiknou.

L’objectif n’était pas de transformer automatiquement chacune de ces demandes en projet, mais de disposer d’une cartographie précise des besoins exprimés par les territoires.

Les populations ont ainsi pu faire exprimer leurs préoccupations dans des domaines aussi variés que l’eau, la santé, l’éducation, l’assainissement, les infrastructures communautaires ou les opportunités économiques. Cette implication des communautés dès la phase de conception constitue, selon le hakem de Bassiknou, Ahmed Mahmoud Neissane (Voir encadré n°2) l’un des fondements de la pertinence du projet, en permettant de mieux cerner les besoins prioritaires et d’adapter les interventions aux réalités du terrain.

L’expertise technique avant la validation locale

Les priorités recensées font ensuite l’objet d’une évaluation technique et financière.

Les services compétents examinent la faisabilité des propositions, leur coût, leur conformité aux critères du projet, leur cohérence avec les politiques publiques et leur capacité à s’inscrire dans les systèmes existants.

Les services techniques déconcentrés de l’État jouent à ce stade un rôle déterminant, notamment dans l’hydraulique, la santé, l’éducation, l’action sociale et la protection de l’enfance.

Les propositions jugées réalisables sont ensuite présentées lors d’ateliers organisés dans les moughataas. Les autorités, élus, techniciens et représentants des communautés peuvent alors les discuter, demander des modifications et participer à leur validation.

L’approche repose ainsi sur une articulation entre expression des besoins, expertise technique et décision collective.

Franck Merceron, coordinateur du projet Tawafoug et son adjoint Sileymane 

Wagne qui ont piloté ce processus, se félicitent de cette dynamique, soulignant l’implication des leaders communautaires, des autorités régionales et départementales et des services techniques de l’État. Ils relèvent également la transparence du processus et les progrès réalisés dans la mise en œuvre.

« Les autorités régionales et départementales sont associées à toutes les étapes de la démarche, ce qui représente, à mon sens, une innovation particulièrement intéressante. De notre côté, nous avons beaucoup insisté sur cet aspect, car notre objectif est d’assurer la durabilité du projet, notamment à travers l’appropriation de ses acquis et de ses mécanismes par les autorités locales. Il est essentiel que cette dynamique puisse être poursuivie et portée durablement par les structures et les acteurs institutionnels du territoire’’, ajoute M. Merceron

‘’En complément, il ne faut évidemment pas oublier le rôle du Wali, qui est un acteur particulièrement important compte tenu de la lourde responsabilité qu’il assume dans une région aussi complexe. Le contexte est marqué notamment par les difficultés d’accès, la présence importante de réfugiés et les enjeux sécuritaires.

Nous constatons donc que le Wali joue un rôle particulièrement actif. (…) Nous avons véritablement pris en compte cette implication et cette réalité institutionnelle dans notre démarche. L’objectif est donc de travailler avec l’ensemble des acteurs, en tenant compte de leurs responsabilités respectives, afin de garantir une mise en œuvre efficace et durable du projet Tawafoug. »

La Cellule de Coordination, interface entre les acteurs

Cette organisation s’appuie sur la Cellule de Coordination des Programmes et Projets du Hodh Chargui, qui joue un rôle d’interface entre Tawafoug et les institutions territoriales.

Elle facilite les relations avec le wali, le Conseil régional, les autorités départementales et les communes, mais aussi avec les services techniques déconcentrés.

Elle accompagne également le processus de ciblage géographique, les PCP et la mise en œuvre des plans d’action issus des consultations.

La Cellule veille par ailleurs à la complémentarité entre Tawafoug et les autres programmes présents dans la wilaya, afin de limiter les chevauchements et de favoriser les synergies.

Une gouvernance qui associe l’État, les collectivités et les partenaires.

La participation des autorités est également inscrite dans le dispositif institutionnel de pilotage.

Le Comité d’Orientation Stratégique (COS) est présidé par le wali et coprésidé par le président du Conseil régional et un représentant de l’Union européenne.

Le Comité de Suivi Opérationnel (CSOp) assure le suivi de la mise en œuvre, tandis que l’Unité de Gestion du Projet (UGP) est pilotée par la coordination du consortium sous la responsabilité d’Action Contre la Faim (ACF).

Cette architecture cherche à garantir une articulation entre orientations stratégiques, coordination territoriale et exécution opérationnelle.

Trois résultats pour agir sur les causes de la vulnérabilité

Les interventions de Tawafoug s’organisent autour de trois résultats structurants.

Le premier porte sur le renforcement de l’ATI et de la gouvernance locale, à travers le ciblage territorial, les planifications communautaires et communales et le renforcement des mécanismes de coordination régionale et départementale.

Le deuxième vise à améliorer la couverture et la qualité des services sociaux de base, avec des investissements dans l’eau, l’hydraulique, l’assainissement, l’éducation et la santé, ainsi que des actions d’équipement et de renforcement des capacités.

Le troisième concerne l’économie locale et l’insertion économique, notamment à travers l’entrepreneuriat, la formation professionnelle, le développement des activités génératrices de revenus et les travaux à haute intensité de main-d’œuvre.

L’élevage, l’agriculture, le BTP, les services et l’énergie figurent parmi les secteurs susceptibles de bénéficier de cet appui.

120 639 bénéficiaires ciblés

Tawafoug prévoit de toucher au total 120 639 bénéficiaires.

La composante eau, hydraulique et assainissement représente 54 739 bénéficiaires, contre 41 925 pour la santé. L’éducation concerne 13 410 personnes, tandis que 4 330 sont ciblées par les activités de santé mentale et de soutien psychosocial.

Les activités HIMO (Haute Intensité de Main d’œuvre) devraient bénéficier à environ 6 000 personnes, et la formation et l’insertion professionnelle à 235 bénéficiaires.

Au-delà des populations hôtes, réfugiées et retournées, le projet cible également le Conseil régional, les communes, les services techniques déconcentrés, les organisations de la société civile, les relais communautaires, les associations villageoises, les comités de gestion des établissements scolaires et les associations de parents d’élèves.

Action Contre la Faim (ACF), Save the Children et Terre des Hommes : une complémentarité opérationnelle

La mise en œuvre repose sur une répartition des responsabilités.

Action Contre la Faim (ACF) assure la coordination générale du consortium et intervient notamment dans les secteurs de l’eau potable et l’assainissement, la santé, l’insertion économique et les activités HIMO (Haute Intensité de Main-d'œuvre).

Save the Children intervient principalement dans l’éducation et la protection de l’enfance, tandis que Terre des Hommes apporte son expertise dans la protection de l’enfance, la santé mentale et le soutien psychosocial.

Cette complémentarité permet de traiter les différentes dimensions de la vulnérabilité sans dissocier les services sociaux, le développement économique et la cohésion sociale.

Développement et coexistence

Dans une région où la pression sur l’eau, les pâturages et les services sociaux pourrait accentuer les tensions, le développement est également pensé comme un instrument de cohésion.

Tawafoug s’inscrit ‘’ainsi dans le nexus humanitaire-développement-paix, en cherchant à répondre aux besoins immédiats tout en renforçant les capacités des territoires sur le long terme’’.

Cette orientation rejoint les préoccupations exprimées par Cheikh Abdallahi Ewah, pour qui ‘’la stabilité ne peut être durable sans développement et sans appropriation des solutions par les populations’’.

Plusieurs initiatives conduites dans le Hodh Chargui mettent d’ailleurs explicitement l’accent sur la coexistence entre réfugiés et populations hôtes, à travers des programmes portant notamment les notions de « Coexistence », « Intégration » ou « Dignité ».

L’objectif est de faire en sorte que l’amélioration des services profite au territoire dans son ensemble et contribue à réduire les facteurs susceptibles d’alimenter les tensions.

Illustration du processus

Les besoins exprimés par les communautés dans les terroirs ciblés y sont d’abord recensés dans le cadre des consultations, puis confrontés aux contraintes techniques et financières. Les propositions retenues sont ensuite soumises aux autorités, aux services techniques et aux représentants des communautés lors des ateliers de validation.

La démarche permet donc de suivre une chaîne clairement définie : diagnostic local, priorisation, évaluation, discussion et validation, avant le passage à la mise en œuvre. À Mesgoul, dans la moughataa d’Adel Bagrou, le maire de la Commune, Ahemedeit Eide Cheine met, lui aussi, en avant l’ampleur de l’intervention de Tawafoug. Il considère le projet comme une initiative majeure pour sa commune, tant par les ressources mobilisées que par l’étendue des secteurs couverts (Voir Encadré N ° 3).

Construire au-delà des 36 mois

L’un des enjeux majeurs de Tawafoug est désormais la durabilité.

Les promoteurs du projet mettent en avant trois principes : durabilité, appropriation et résilience.

L’objectif est de renforcer les systèmes existants plutôt que de créer des mécanismes parallèles. Les administrations, les collectivités, les services techniques et les organisations locales doivent donc être en mesure de poursuivre les actions engagées au-delà de la durée du financement.

La réussite de Tawafoug ne se mesurera ainsi pas uniquement au nombre d’infrastructures réalisées ou de personnes accompagnées. Elle dépendra également de la capacité des institutions locales et des communautés à assurer leur fonctionnement, leur entretien et leur pérennisation.

Tawafoug, une expérience de gouvernance territoriale

Dans le Hodh Chargui, Tawafoug apparaît finalement comme l’aboutissement d’une évolution plus large de la politique de développement territorial : partir du diagnostic local, rapprocher les institutions des populations et inscrire les interventions dans les stratégies nationales et régionales.

Le projet traduit cette orientation à travers un dispositif où chaque acteur possède une responsabilité : les autorités orientent et coordonnent, les élus représentent les collectivités, les services techniques apportent leur expertise, les communautés expriment et hiérarchisent leurs besoins et les organisations du consortium assurent l’accompagnement technique et opérationnel.

Cette méthode vise à faire du territoire non plus un simple espace d’exécution des projets, mais un véritable acteur de son propre développement.

Dans une wilaya confrontée à une pression démographique, sociale et environnementale exceptionnelle, l’enjeu est considérable. Il ne s’agit plus seulement de répondre à l’urgence créée par les déplacements de populations, mais de renforcer durablement les capacités d’accueil, les services publics, l’économie locale et la cohésion sociale. Du côté des communautés locales, le projet Tawafoug est également perçu comme une réponse concrète aux défis liés à l’afflux des populations déplacées. Sidi Elemine M’Bareck Maimoune  S’Ghair, leader communautaire à Abdel Bagrou, (Encadré 4), souligne notamment son apport aux populations hôtes et déplacées, ainsi que les premières retombées de ses interventions sur le terrain.

Tawafoug fait ainsi le pari que la résilience du Hodh Chargui passera autant par les investissements réalisés que par la capacité des populations, des autorités et des acteurs locaux à les concevoir, les porter et finalement se les approprier.

 

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ENCADRES

Entretien avec Pierre Beziz, Délégation de l’Union Européenne en Mauritanie : ‘’ À travers le projet Tawafoug, notre objectif est notamment de renforcer la cohésion sociale’’

« Pour nous, le projet Tawafoug est un projet très important. Il avait notamment été annoncé par la présidente de la Commission européenne lors de sa visite en Mauritanie, en février 2024.

La région du Hodh Chargui comptait déjà entre 300 000 et 400 000 habitants. Avec l’afflux de réfugiés, sa population a pratiquement doublé. Au-delà du geste d’ouverture et d’accueil remarquable dont font preuve les Mauritaniens, il faut souligner que cette situation exerce une pression considérable sur les ressources naturelles et les infrastructures de base. La région dispose de ressources en eau limitées et ne compte pas suffisamment de centres de santé ou d’écoles pour répondre aux besoins d’une population en forte croissance.

Le Hodh Chargui est également situé dans un environnement géographique marqué par l’instabilité, notamment au Mali voisin. Pour l’Union européenne, la Mauritanie est un partenaire privilégié dont la stabilité du pays et au-delà celle de la région constituent donc des enjeux essentiels. L’Union européenne est l’un des principaux partenaires financiers de la Mauritanie et mobilise des moyens importants pour atteindre ces objectifs. La position géographique de la Mauritanie, au cœur du Sahel et à proximité du territoire de l’UE (les îles Canaries), explique également l’importance que nous accordons à ce pays.

À travers le projet Tawafoug, notre objectif est notamment de renforcer la cohésion sociale. Nous avons ainsi ciblé des terroirs qui accueillent des réfugiés, sur la base d’un important travail statistique et d’une analyse précise des besoins. Notre approche vise à soutenir à la fois les communautés hôtes et les réfugiés. Il ne s’agit pas de favoriser une partie de la population au détriment d’une autre, car cela pourrait créer des tensions et des conflits.

Une démarche participative et inclusive

Le deuxième élément particulièrement important concerne la méthodologie mise en œuvre. Lors de ma dernière visite dans la région, en février, nous avons effectué une tournée avec ACF et visité plusieurs sites d’intervention du projet. Ce qui nous a particulièrement marqué, c’est la démarche participative et inclusive adoptée.

Des Planifications Communautaires Participatives, les PCP, ont été élaborés en associant l’ensemble des acteurs concernés. Ces consultations ont permis d’identifier les priorités et de dégager des plans d’action qui constituent aujourd’hui le cadre de nos interventions.

L’intérêt de ces PCP dépasse donc la seule réalisation des activités du projet. Ils constituent un socle solide pour la planification du développement de la région et peuvent servir de référence à l’ensemble des partenaires intervenant dans le Hodh Chargui.

C’est précisément ce qui donne de la force à cette démarche : les priorités n’ont pas été imposées par un bailleur. Elles ont été définies de manière participative et inclusive, ce qui permet aux acteurs de la région de se les approprier.

Le travail réalisé pour déterminer les zones d’intervention a également été très rigoureux. Des critères précis ont été établis, à partir notamment des données démographiques, des besoins identifiés et des capacités budgétaires. Il ne s’agissait donc pas d’un choix arbitraire. C’est un travail solide qui, à mon sens, pourrait être reproduit dans d’autres régions.

Des résultats déjà visibles

Concernant l’avancement du projet, nous sommes conscients des difficultés de mise en œuvre liées à l’éloignement du Hodh Chargui, au nombre limité de partenaires présents sur le terrain et aux procédures nécessaires pour la passation des marchés.

Mais nous constatons également les premiers résultats : des écoles, des centres de santé et des points d’eau sont en cours de réalisation ou ont déjà produit des effets concrets.

Je voudrais également insister sur le volet consacré à la santé mentale. De nombreux enfants réfugiés ont vécu des violences et des expériences particulièrement difficiles. La prise en charge de ces traumatismes est donc essentielle. Le projet permet notamment de renforcer la détection des enfants présentant des difficultés particulières, notamment à travers les écoles, les centres de santé et les communautés, puis de mettre en place des mécanismes d’orientation vers des psychologues, et de référencement lorsque cela est nécessaire, vers des psychiatres.

Nous sommes donc particulièrement satisfaits de ce volet et souhaitons que cette expérience puisse également être reproduite dans d’autres contextes, notamment sur la route atlantique, au bénéfice des migrants et des enfants ayant vécu des situations traumatisantes en mer.

Le rôle essentiel de l’État

Un autre aspect fondamental concerne le développement socio-économique.

Nous construisons des écoles, mais il faut ensuite qu’elles disposent d’enseignants, de livres et de moyens de fonctionnement. Nous pouvons construire un centre de santé, mais il faut ensuite des médecins, des infirmiers et des médicaments.

Un partenaire extérieur peut financer ou accompagner une intervention pendant une période donnée, mais il ne peut pas assurer durablement la fourniture des services publics.

C’est pourquoi nous travaillons étroitement avec les autorités et les structures chargées de la planification afin d’assurer le lien entre les investissements réalisés dans le cadre des projets, les priorités nationales et le budget de l’État.

Soutenir l’entrepreneuriat et les chaînes de valeur

Nous estimons également que le soutien à l’entrepreneuriat, notamment celui des jeunes, mérite d’être davantage soutenu dans la région.

Il existe un potentiel important autour des chaînes de valeur, de la transformation des produits, de l’artisanat, de l’élevage et du commerce. Nous avons pu visiter récemment plusieurs initiatives locales et constater qu’il existe des possibilités réelles de création de richesse au bénéfice de la population.

La présence d’une population importante dans le Hodh Chargui fait que la région constitue un marché économique significatif.

Tout cela, repose sur une bonne exploitation des ressources disponibles, notamment dans le domaine de l’élevage et de l’agriculture, l’accès au crédit, le soutien aux jeunes entrepreneurs et la transformation locale des produits.

La question des réfugiés ne doit pas être considérée uniquement sous l’angle de l’urgence. Beaucoup de personnes sont présentes depuis plusieurs années et pourraient rester encore longtemps dans la région. Il est donc nécessaire de se diriger progressivement vers une approche davantage axée sur le développement économique et l’autonomisation.

Un investissement qui bénéficie à l’économie locale

L’enveloppe européenne consacrée au projet est de 20 millions d’euros. Nous souhaitons que cet investissement puisse bénéficier le plus largement possible à l’économie locale.

Lorsque cela est possible, nous encourageons l’attribution des marchés aux entreprises locales. Lorsqu’un séminaire est organisé, cela fait travailler les hôtels, les chauffeurs, les traiteurs et différents prestataires de la région.

Les 20 millions d’euros ne servent donc pas uniquement à construire des infrastructures. Ils doivent être vus comme un investissement dans l’économie du Hodh Chargui en mesure de générer des retombées pour les acteurs économiques locaux.

C’est un aspect sur lequel nous nous entretenons régulièrement avec les autorités régionales : l’objectif est que les investissements réalisés profitent à la région et contribuent à son développement.

Renforcer les synergies entre les partenaires

Le Hodh Chargui demeure pour nous une région prioritaire. D’autres financements pourraient être mobilisés à l’avenir, en fonction des possibilités et des priorités.

Plusieurs partenaires interviennent dans la région. Il est donc essentiel de renforcer la coordination et de créer davantage de synergies entre les différents projets.

Le projet MIRECAM finance par l’UE, intervient davantage dans les domaines de l’élevage et du développement agricole. Nous cherchons à créer des complémentarités avec Tawafoug, notamment sur les priorités identifiées dans les PCP, parmi lesquelles figurent l’agro-pastoralisme, les parcs de vaccination et l’aménagement des mares pastorales.

C’est cette logique de complémentarité que nous voulons développer au sein de la « Team Europe », en associant les interventions des différents partenaires européens.

Il ne s’agit pas d’être dans la compétition, mais de mieux articuler les différents projets afin d’aller plus loin et de maximiser leur impact.

La coordination doit d’abord être opérationnelle : chacun doit savoir ce que font les autres, afin d’éviter les doublons et de rechercher les complémentarités. Cette coordination de terrain doit ensuite alimenter une coordination stratégique et politique avec les autorités.

Les acteurs locaux jouent également un rôle essentiel, puisqu’ils sont présents sur le terrain et connaissent les réalités et les priorités de leurs territoires.

L’enregistrement et la protection des réfugiés

Enfin, il faut mentionner le rôle important du HCR dans la région, notamment en matière de détermination du statut des demandeurs d’asile.

Les ressortissants maliens arrivant dans cette zone frontalière peuvent, selon les conditions applicables, être reconnus comme réfugiés prima facie. Ils sont pris en charge dans le cadre d’un processus associant les équipes du HCR et les structures gouvernementales chargées de l’enregistrement.

Nous travaillons précisément avec le gouvernement au renforcement des capacités de l’ANRPTS afin de permettre l’enregistrement des demandeurs d’asile. Cet enregistrement est important à la fois pour les personnes concernées et pour les autorités.

Pour les réfugiés, disposer d’une identification officielle facilite l’accès à leurs droits et aux services. Pour les autorités, l’enregistrement permet de mieux connaître les personnes présentes sur le territoire.

L’ANRPTS déploie à cette fin des équipes mobiles ainsi que des agents dans plusieurs localités de la région. Nous avons également accompagné le gouvernement dans l’évolution du cadre légal permettant l’émission de cartes de réfugiés sécurisées et liées à l’enregistrement.

Il s’agit d’un dispositif important à la fois pour améliorer la protection des réfugiés et pour renforcer les capacités de gestion et d’identification des personnes présentes sur le territoire.

Une région stratégique

Pour conclure, le Hodh Chargui est une région stratégique pour la Mauritanie, et son importance dépasse largement la seule question des camps de réfugiés de Mbera.

Nous sommes très satisfaits du travail réalisé par ACF-Espagne et conscients des difficultés particulières liées à la mise en œuvre d’un projet aussi important dans une région aussi éloignée.

L’Union européenne considère la Mauritanie comme un partenaire stratégique et le Hodh Chargui comme une région prioritaire. Nous comptons poursuivre et consolider les efforts, renforcer les synergies entre les différents partenaires et examiner les possibilités de mobiliser à l’avenir de nouveaux financements au service du développement, de la stabilité et de la cohésion sociale dans la région. »

 

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Encadré N°2

Ahmed Mahmoud Neissane, Hakem de Bassiknou : « L’approche participative de Tawafoug a permis d’élaborer un plan d’action pertinent et complémentaire des interventions publiques »

Une approche participative, inclusive et territoriale fondée sur l’implication des autorités locales

« En termes de volume de financement, le projet Tawafoug est le plus important projet financé par l’Union européenne dans le  Hodh Chargui,  avec une enveloppe de 20 millions d’euros. Les projets précédents de l’Union européenne, notamment Karama, doté de 4 millions d’euros, et Net Aïchou, de 2 millions d’euros, ayant déjà produit des effets positifs, les attentes des populations et des autorités étaient naturellement très importantes à l’égard de Tawafoug.

À mon avis, l’un des principaux atouts du projet réside dans son approche participative, inclusive et territoriale. Lorsque les communautés sont véritablement associées à la phase de conception, elles peuvent mieux exprimer leurs besoins réels et contribuer à la définition des priorités.

Dans le cas de Tawafoug, cette démarche a impliqué les autorités administratives, les élus, les responsables du projet ainsi que les chefs des services départementaux. Plusieurs séances de travail ont été organisées afin d’examiner les résultats du diagnostic, de discuter les actions proposées, de les valider ou, lorsque cela était nécessaire, de les modifier. Cette concertation a permis d’aboutir à un plan d’action qui correspond aux réalités et aux priorités identifiées au niveau local.

Cette démarche a également permis d’assurer une meilleure articulation avec les interventions de l’État. Elle a notamment contribué à éviter d’éventuels chevauchements avec le Programme d’urgence pour l’accès aux services essentiels au développement local, lancé à la même période que Tawafoug, et à rechercher au contraire une complémentarité entre les différentes interventions.

 A Bassiknou, les priorités de la moughataa avaient déjà été identifiées. Les besoins qui n’avaient pas été retenus dans le cadre de la Délégation ministérielle ont ainsi pu être transmis et proposés au projet Tawafoug, lorsque les financements disponibles et les critères du projet le permettaient.

Cette articulation entre les communautés, les autorités locales, les élus, les services techniques et les responsables du projet constitue, à mon sens, un élément essentiel pour garantir la pertinence et l’efficacité des interventions.

 Une approche innovante qui dépasse la logique de l’urgence

Je considère que cette approche constitue une évolution importante dans la manière de concevoir les interventions de développement dans le Hodh Chargui. Elle permet de partir des réalités du territoire et des besoins exprimés localement, plutôt que d'appliquer uniquement des solutions conçues de manière centralisée.

Ce qui distingue particulièrement Tawafoug, à mes yeux, est sa capacité à aller au-delà de la réponse humanitaire d’urgence pour s’intéresser également aux dimensions économiques et sociales du développement.

Il est évident que l’afflux de réfugiés, souvent dans des conditions difficiles, exige une réponse humanitaire rapide afin de répondre aux besoins essentiels. Mais lorsque la présence des réfugiés se prolonge dans le temps, il devient nécessaire de réfléchir à des solutions plus durables, capables de renforcer les services sociaux, les infrastructures et les moyens de subsistance.

Dans ce contexte, l’approche de Tawafoug, qui associe réponse aux besoins immédiats et interventions de développement, me paraît particulièrement pertinente. Elle prend en compte à la fois les besoins des populations réfugiées et ceux des communautés hôtes, avec l’objectif de favoriser la cohésion sociale, l’autonomisation et la résilience des territoires.

 Premières retombées et impacts attendus pour les populations de Bassiknou

Les premières retombées sont déjà perceptibles dans plusieurs domaines. En matière d’emploi et d’activités économiques, le financement de 283 jeunes porteurs de projets à l’échelle de la wilaya, dont plus d’une centaine à Bassiknou, représente une contribution importante à la création d’activités génératrices de revenus et à l’insertion économique des jeunes, aussi bien parmi les populations autochtones que parmi les réfugiés.

Les effets du projet sont également visibles dans les secteurs de l’éducation, de la santé et de l’accès à l’eau. La construction de salles de classe dans certains villages constitue, par exemple, une amélioration particulièrement significative, notamment dans les localités où les enfants étaient auparavant contraints de suivre les cours dans des abris précaires en paille, communément appelés «M'bar ».

Au-delà de ces réalisations ponctuelles, l’un des apports majeurs de Tawafoug réside dans son intervention sur les infrastructures et sur le développement économique et social de la moughataa. C’est un aspect important dans un contexte où de nombreux partenaires interviennent principalement dans le cadre de réponses humanitaires d’urgence.

À terme, l’enjeu sera de consolider ces acquis et de faire en sorte que les investissements réalisés produisent des effets durables. Pour Bassiknou, cela signifie notamment renforcer les infrastructures de base, développer les activités économiques, améliorer l’accès aux services essentiels et favoriser l’autonomisation des populations.

La prolongation de la présence des réfugiés dans la moughataa nous impose en effet de dépasser progressivement la seule logique de l’urgence et de privilégier des projets de développement durables, capables de renforcer la résilience du territoire et de répondre simultanément aux besoins des réfugiés et des populations hôtes’’.

 

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Encadré N°3

Ahemedeit Eide Cheine, maire de la Commune de Mesgoul : « Tawafoug est l’un des projets les plus importants que notre commune ait connus »

Le projet Tawafoug constitue, selon le maire de la Commune de Mesgoul, Ahemedeit Eide Cheine, l’une des initiatives de développement les plus importantes jamais mises en œuvre dans cette commune de la moughataa d’Adel Bagrou, notamment au regard du volume des financements mobilisés et de la diversité des secteurs concernés.

« Le projet Tawafoug est l’un des plus importants projets que notre région, et particulièrement notre commune, ait connus en termes de volume de financement. Son impact commence déjà à se faire sentir sur le développement socio-économique de nos populations », a-t-il déclaré.

Le maire souligne que les interventions du projet couvrent plusieurs domaines prioritaires, notamment l’éducation, l’accès à l’eau, l’agriculture et la santé. Dans le secteur agricole, d’importants aménagements sont en cours à travers les barrages de Sawaz, Foum Gleita, Cherwi et Zengui, contribuant ainsi, selon lui, au renforcement des capacités de production des populations rurales.

Des investissements dans l’éducation et la santé

Dans le domaine de l’éducation, Ahemedeit Eide Cheine, salue également la réalisation de plusieurs infrastructures scolaires. « De grands chantiers en matière d’éducation ont vu le jour, notamment avec la construction d’écoles », a-t-il relevé.

Le secteur de la santé bénéficie, lui aussi, d’interventions à travers la réalisation et la réhabilitation d’aménagements et d’infrastructures sanitaires, permettant d’améliorer progressivement les conditions d’accès aux services de santé pour les populations.

L’approche inclusive saluée

Le maire a particulièrement insisté sur l’approche inclusive et participative adoptée par le projet Tawafoug. Il estime que l’implication des autorités régionales, des élus, des acteurs politiques et des représentants communautaires constitue un élément important pour la réussite des interventions.

« L’approche inclusive et participative est une bonne démarche. Les autorités régionales, les acteurs politiques et communautaires ainsi que les élus participent au processus », a-t-il affirmé.

Il a également salué le travail de la coordination régionale du projet, estimant que celle-ci assure correctement la mise en œuvre et la concrétisation des objectifs arrêtés en concertation avec les acteurs locaux.

Les AGR au service des femmes et du développement local

Le maire a, par ailleurs, mis en avant l’importance accordée aux Activités Génératrices de Revenus (AGR), particulièrement pour les femmes. Plusieurs initiatives ont ainsi été planifiées, notamment des boutiques communautaires, des unités artisanales, des boucheries et des boulangeries, ainsi que des coopératives agricoles et artisanales.

Ces activités, selon lui, constituent des leviers importants pour renforcer l’autonomie économique des femmes et contribuer au développement socio-économique de la commune.

Un projet particulièrement important pour une commune enclavée

Pour le maire de Mesgoul, l’importance du projet Tawafoug est d’autant plus grande que sa commune se trouve dans une zone extrêmement rurale et confrontée à un important problème d’enclavement.

« Nous sommes dans une commune d’extrême milieu rural qui souffre énormément de l’enclavement. Je voudrais insister particulièrement sur cet aspect », a-t-il souligné.

Durant la saison des pluies, certaines difficultés de circulation deviennent particulièrement importantes, la commune pouvant être coupée de son chef-lieu. Les populations sont alors contraintes de recourir à des moyens de transport traditionnels, notamment les chameaux et les charrettes, pour assurer leurs déplacements.

Un appel à renforcer l’appui face à la faiblesse des pluies

Tout en exprimant sa satisfaction à l’égard des réalisations du projet, Ahemedeit Eide Cheine, appelle à un effort supplémentaire cette année, en raison de la faiblesse de la pluviométrie.

« Cette année, nous sollicitons un effort supplémentaire du projet en raison de la faiblesse des pluies. Les précipitations sont rares et peu abondantes et nous avons besoin d’un appui dans ce domaine », a-t-il indiqué.

Le maire a enfin rendu hommage aux équipes et aux experts du projet, qu’il juge compétents et engagés, avant d’appeler la coordination régionale à poursuivre et à renforcer ses interventions au bénéfice des populations.

« Nous apprécions à sa juste valeur ce projet et le travail réalisé par un personnel très compétent. Nous remercions la coordination régionale et souhaitons davantage de réalisations pour améliorer le bien-être social et économique de nos populations », a-t-il conclu.

 

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Encadré N° 4 : SidiElemine M’Bareck Maimoune S’Ghair, leader communautaire à Adel Bagrou : « Tawafoug contribue à atténuer les difficultés liées à l’afflux des populations déplacées »

‘’Concernant le projet Tawafoug, nous ne pouvons que nous en féliciter et saluer sa contribution à l’atténuation des difficultés engendrées par l’afflux de populations déplacées en provenance de notre pays frère, le Mali.

Dans ce contexte, les autorités locales s’acquittent pleinement de leurs responsabilités, aussi bien à l’égard des populations hôtes que de nos frères maliens déplacés. Leur implication constitue un élément important dans la réponse aux besoins des communautés affectées.

À travers ses différentes activités, le projet Tawafoug a notamment apporté une réponse à l’un de nos besoins prioritaires : la protection des exploitations agricoles grâce à la réalisation de clôtures. Cette intervention a eu des effets bénéfiques pour les populations et contribué à mieux sécuriser leurs activités agricoles.

Nous adressons nos remerciements aux équipes, aux responsables et aux superviseurs du projet pour leur travail et leur engagement. Nous exprimons également notre reconnaissance aux différents bailleurs de fonds qui ont apporté leur soutien et contribué à la mise en œuvre de ces actions.

Nous souhaitons toutefois que les interventions soient davantage renforcées dans des domaines essentiels pour nos communautés, notamment l’accès à l’eau potable et le développement de projets générateurs de revenus.

Après les résultats positifs enregistrés grâce aux clôtures de protection, il est désormais important de consolider cet acquis en accordant une attention accrue au développement de l’agriculture moderne et au soutien à l’agriculture saisonnière. Ces actions permettraient de renforcer les moyens de subsistance des populations et de contribuer davantage à leur autonomie économique ».