
Boumbri, 27 septembre 2026 — Il y avait de la musique, des chants, des traditions, de la jeunesse et surtout beaucoup de fierté à Boumbri, les 26 et 27 septembre. Pour la première fois, ce village situé entre Tiguent et Rosso, relevant de la commune de M’Balal, dans le département de Keur Macène, accueillait ses propres Journées culturelles.
À Boumbri, l’événement avait quelque chose de particulier. Il ne s’agissait pas seulement d’une manifestation artistique. Pour les habitants, c’était aussi une manière de mettre leur village sous les projecteurs, de faire découvrir son patrimoine et de montrer que les localités rurales peuvent, elles aussi, être au rendez-vous des grands événements culturels.
L’initiative revient à l’Association culturelle et sportive de Boumbri, sous l’impulsion du Colonel Docteur Ahmed Ould M’Bareck. Pour cette première édition, le président de l’association, Hamoud Ould Bilal, a confié la direction de l’organisation à El Hassen Ould Yali.
Ce dernier et son équipe ont dû relever le défi d’une première expérience, avec tout ce que cela implique en matière d’organisation, de logistique et de mobilisation. À l’arrivée, le résultat a été à la hauteur des ambitions.
Une nuit de fête qui a rassemblé Boumbri
Dès les premières heures de la soirée, le stade de Boumbri s’est progressivement rempli. Puis la foule a continué d’affluer, jusqu’à transformer l’espace en un véritable lieu de rassemblement populaire.
Sur scène, les artistes se sont succédé dans une ambiance particulièrement chaleureuse. La cantatrice Loubaba Mint Ngdhey a rapidement conquis le public, notamment avec la chanson spécialement consacrée à ces journées, « Boumbri Bekmalou Irahab Bikoum », qui peut être comprise comme une invitation lancée au nom de tout Boumbri : « Boumbri, dans son ensemble, vous souhaite la bienvenue ».
Elle a également interprété plusieurs chansons connues de son répertoire, faisant chanter et danser un public particulièrement enthousiaste.
D’autres artistes ont participé à cette grande soirée, parmi lesquels Ghotob Mohamedou, dit Naba, Mohamed, dit Lmitgarah, ainsi que la troupe traditionnelle du Trarza Sbeiniyatt. Une programmation qui a permis de faire dialoguer musique moderne, expressions artistiques populaires et patrimoine traditionnel.
La culture comme moyen d’encadrement de la jeunesse
Mais derrière les chants et les festivités, les organisateurs ont voulu porter un message plus profond.
Dans les différentes interventions prononcées au cours de la manifestation, notamment celles du ministre de la Culture et des Arts, M. El Houssein Ould Medou, du président de l’association et du maire de la commune de M’Balal, un même thème est revenu : la nécessité d’accorder une attention particulière à la jeunesse et de renforcer son encadrement pour prévenir la délinquance juvénile.
L’idée est simple : offrir aux jeunes des espaces où ils peuvent se retrouver, développer leurs talents, s’exprimer et s’approprier leur patrimoine constitue aussi une manière de renforcer la cohésion sociale.
Dans ce sens, les Journées culturelles de Boumbri auront dépassé le simple cadre d’un festival. Elles auront offert à la jeunesse un espace d’expression et à toute une communauté une occasion de se retrouver autour de ce qui fait son identité.
Des personnalités présentes pour soutenir l’initiative
L’événement a également été marqué par la présence de nombreuses personnalités publiques et locales.
Le président de l’Association des maires de Mauritanie, le président du Conseil régional du Trarza, le chef général des Zombotti, ainsi que plusieurs autres personnalités politiques, administratives et sociales, ont fait le déplacement à Boumbri.
Cette mobilisation a donné une dimension supplémentaire à la manifestation et témoigne de l’intérêt suscité par cette première initiative culturelle.
Une difficulté technique surmontée avec détermination
Comme souvent dans les grandes manifestations, tout ne s’est pas déroulé sans difficulté.
Une panne du groupe électrogène principal est venue perturber le programme et a retardé le début effectif de la cérémonie. Mais les organisateurs ne se sont pas laissé arrêter par cet imprévu. Deux autres groupes électrogènes ont été acheminés, l’un depuis Tigmatine et l’autre depuis Nouakchott, afin de permettre à la soirée de reprendre.
La cérémonie n’a finalement commencé qu’aux environs de minuit, mais elle s’est poursuivie jusqu’à cinq heures du matin, preuve de la patience du public et de sa volonté de vivre pleinement cette première édition.
« Je n’ai jamais vu une telle organisation »
Au-delà de l’affluence et de l’ambiance, c’est surtout l’organisation de l’événement qui semble avoir marqué les esprits.
Présent à la manifestation, le ministre de la Culture et des Arts, M. El Houssein Ould Medou, est resté jusqu’aux environs de trois heures du matin, suivant les différentes prestations et l’évolution de la soirée.
Un témoignage particulièrement élogieux est également venu saluer le travail des organisateurs. Un participant ayant indiqué organiser des festivals depuis plusieurs années a déclaré : « Voilà sept ans que j’organise des festivals, et je n’ai jamais vu une aussi bonne organisation et une telle discipline que lors de ces Journées de Boumbri. Vous êtes les meilleurs. »
Une appréciation qui résume assez bien l’impression laissée par cette première édition.
Boumbri veut désormais inscrire la culture dans la durée
Au petit matin, lorsque les dernières notes se sont éteintes et que la foule a commencé à se disperser, Boumbri pouvait déjà mesurer le chemin parcouru.
En quelques heures, le village avait réussi à réunir habitants, jeunes, artistes, responsables locaux et personnalités publiques autour d’une même ambition : faire de la culture un instrument de rassemblement, de valorisation du patrimoine et d’encadrement de la jeunesse.
Cette première édition aura donc été bien plus qu’une simple soirée de festivités. Elle aura été un moment de fierté pour les habitants de Boumbri et un signal fort en faveur de la culture locale.
Le défi est désormais lancé : transformer cette première réussite en rendez-vous culturel durable, capable de grandir au fil des années tout en conservant ce qui a fait la force de cette première édition : la proximité, la mobilisation populaire, la discipline et l’attachement à l’identité culturelle de Boumbri.
Jiddou Hamoud Derdeche




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