
Dans le sillage de la promotion du tourisme intérieur, les pouvoirs publics encouragent les Mauritaniens à redécouvrir les différentes régions du pays et à privilégier les destinations nationales pendant les vacances. Au-delà de sa dimension touristique et culturelle, cette orientation répond à un enjeu économique : stimuler la consommation locale, soutenir les activités et les opérateurs nationaux et contribuer à limiter l’évasion des devises étrangères liée aux voyages à l’étranger. Les vacances citoyennes s’inscrivent ainsi dans une dynamique plus large visant à rapprocher les citoyens de leur terroir, à valoriser les potentialités locales et à faire, des déplacements estivaux, un levier de développement économique et social.
L’an dernier, le président de la République avait incité les cadres à passer leurs vacances dans leur terroir et en avait donné l’exemple lui-même en passant ses congés dans son bled, Boumdeïd, au fin fond de l’Assaba. À la faveur des vacances citoyennes, les élus, cadres et responsables du parti INSAF étaient ainsi invités à transformer cette période en une véritable occasion de se rapprocher des populations. L’objectif ne se limite pas à des retrouvailles familiales ou à un retour aux sources. Il s’agit également de mettre à profit cette période de mobilité et de disponibilité pour aller à la rencontre des citoyens, écouter leurs préoccupations, expliquer les réalisations du président Mohamed ould Cheikh El Ghazouani et contribuer à redynamiser le parti, à la veille du renouvellement de ses instances de base.
Cette orientation devrait prendre une dimension particulière cette année, alors que le parti se prépare à une nouvelle étape de son organisation interne, marquée notamment par l’adoption de nouveaux textes et la préparation de la campagne de renouvellement de ses structures. Des missions doivent ainsi être déployées sur le terrain afin d’accompagner cette dynamique, d’expliquer les nouvelles orientations et de renforcer le contact entre les responsables de l’INSAF et les militants.
Des vacances au service de la citoyenneté
Dans le contexte mauritanien, les vacances constituent traditionnellement un moment privilégié de retour dans les localités d’origine. Pour les responsables politiques, les élus et les cadres, ce retour peut revêtir une dimension citoyenne supplémentaire : se ressourcer auprès des leurs, partager les réalités quotidiennes du peuple et contribuer, à leur niveau, à résoudre les difficultés rencontrées dans les villages, les communes et les départements.
Cette démarche participe aussi d’une conception de la politique fondée sur la proximité. L’élu ou le responsable qui revient dans sa localité ne vient pas seulement pour rendre visite à sa famille ou à ses proches. Il peut également être un relais entre les citoyens et l’Administration, aider à faire remonter les préoccupations locales et faciliter l’accès des populations aux services publics. La présence des responsables dans leur terroir permet ainsi de rapprocher davantage l’Administration des citoyens. Elle favorise l’écoute, la compréhension des besoins et la recherche de solutions aux problèmes qui se posent dans les domaines de l’eau, de la santé, de l’éducation, de l’emploi, des infrastructures ou encore des services sociaux. L’exemple du président de la République, qui passe une partie de ses vacances dans sa localité de Boumdeïd, est présenté comme une illustration de cette volonté de rester attaché aux réalités du pays et de maintenir un contact avec le monde rural et les populations locales.
Vulgariser le bilan du président
Pour les cadres et élus d’INSAF, ces vacances citoyennes constituent également une opportunité de vulgariser le bilan des sept années de la présidence de Mohamed ould Cheikh El Ghazouani. Au-delà des discours institutionnels et des chiffres présentés dans les différentes communications officielles, l’enjeu consiste à rendre ce bilan accessible au citoyen ordinaire, en expliquant les programmes réalisés, leurs objectifs et leur impact sur les conditions de vie des populations. Les responsables du parti sont donc appelés à engager un dialogue direct avec les citoyens autour des principales réalisations enregistrées dans les secteurs prioritaires : infrastructures, hydraulique, santé, éducation, protection sociale, développement rural, emploi des jeunes, désenclavement et renforcement des services publics.
Cette vulgarisation doit toutefois être accompagnée d’une écoute attentive des gens. Présenter les réalisations ne saurait se substituer au recueil des attentes et des critiques. Les vacances citoyennes peuvent justement offrir un espace de dialogue permettant aux responsables d’INSAF de mesurer les perceptions du bilan gouvernemental sur le terrain et de transmettre aux autorités compétentes les préoccupations exprimées. Lors des premières missions dépêchées à l’intérieur du pays, au lendemain du dernier congrès du parti, ces responsables ont dû constater, à travers de fortes critiques, un gap entre le sommet du parti et la réalité du terrain, pour ne pas dire la léthargie des structures de base.
Préparer le renouvellement des instances
L’autre enjeu majeur de cette mobilisation concerne la redynamisation de l’INSAF. Après une période consacrée à la consolidation de son organisation, le parti entend engager une nouvelle étape avec le renouvellement de ses instances de base. Une phase cruciale et redoutée. Les nouveaux textes adoptés dans cette perspective devront être expliqués aux militants et aux structures locales. La campagne de renouvellement ne peut en effet être réduite à une simple opération électorale interne. Elle doit permettre de renforcer les structures du parti, de renouveler les cadres, d’élargir la participation des militants et de favoriser l’émergence de nouvelles compétences.
Les missions qui seront déployées sur le terrain joueront, à cet égard, un rôle important. Elles devront accompagner les responsables locaux, expliquer les procédures et les nouvelles règles, favoriser la mobilisation des militants et préparer les conditions d’un renouvellement organisé et inclusif des instances. Cette opération représente également une occasion de rétablir ou de renforcer les liens avec certaines bases militantes, d’identifier les difficultés rencontrées par les structures locales et de donner davantage de contenu au travail politique de proximité.
Une présence politique qui se veut citoyenne
La réussite des vacances citoyennes dépendra toutefois de leur capacité à dépasser le cadre d’une mobilisation politique classique. Leur intérêt réside précisément dans la combinaison entre engagement partisan et action citoyenne. Pour les élus et cadres d’INSAF, il s’agit d’être présents dans les localités, de partager les préoccupations des populations et de contribuer, autant que possible, à rapprocher les citoyens des institutions. Cette démarche peut également contribuer à renforcer la confiance entre le peuple et ses représentants.
Dans les villages et les communes, les responsables politiques disposent d’une connaissance directe des réalités sociales. Ils peuvent ainsi identifier les besoins les plus urgents, accompagner certaines initiatives locales et encourager les populations à participer aux efforts de développement. La période des vacances devient alors un temps de proximité, de solidarité et de mobilisation citoyenne, au-delà des seules échéances électorales.
Une nouvelle dynamique pour l’INSAF ?
À travers cette démarche, l’INSAF cherche à donner une nouvelle impulsion à son action sur le terrain. La redynamisation du parti passe nécessairement par une présence régulière auprès des militants et des citoyens, mais aussi par une capacité à renouveler ses structures et ses méthodes de travail. Les vacances citoyennes peuvent constituer le premier temps fort de cette nouvelle dynamique. Elles offrent aux responsables du parti l’occasion de retourner vers leurs bases, de rendre compte, d’écouter, de mobiliser et de préparer la prochaine phase de la vie interne du parti. Les élus et cadres devront faire preuve de capacité d’écoute et de patience, car ils ne manqueront pas d’essuyer de fortes critiques de la part de la base, souvent très remontée. Le défi sera de faire de cette mobilisation un exercice durable de proximité et non une initiative limitée à la période estivale. La force d’un parti politique se mesure aussi à sa capacité à rester connecté aux réalités quotidiennes des citoyens entre deux échéances électorales. Ce qui manque visiblement au premier parti de la majorité, selon les critiques acerbes que les militants de base adressent aux élus et cadres.
En mettant à profit les vacances pour se ressourcer auprès des leurs, servir de relais entre les populations et l’Administration, expliquer le bilan du président Ghazouani et préparer le renouvellement de ses instances, les élus et cadres de l’INSAF sont ainsi appelés à conjuguer engagement politique et devoir citoyen. Une démarche qui pourrait contribuer à installer durablement une culture de proximité, d’écoute et de responsabilité, tout en donnant au parti les moyens de mieux préparer les prochaines étapes de sa redynamisation.
Dalay Lam




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