Le ministre des Affaires économiques préside une table ronde consacrée au financement complémentaire du Plan national de réponse aux crises alimentaires 2026

22 May, 2026 - 18:48

Les travaux de la table ronde dédiée à la mobilisation des financements complémentaires du Plan national de réponse aux crises alimentaires pour l’année 2026 se sont ouverts jeudi à Nouakchott, sous la présidence du ministre des Affaires économiques et du Développement, M. Abdallah Ould Souleymane Ould Cheikh SIDIA, en présence de la Commissaire à la sécurité alimentaire, Mme Fatimetou Mint Khattry, ainsi que des ambassadeurs et représentants des partenaires techniques et financiers de la Mauritanie.

Dans son discours d’ouverture, le ministre a souligné que la Mauritanie a érigé la lutte contre l’insécurité alimentaire en priorité nationale majeure, mettant en évidence le lien étroit entre ce phénomène et les profondes mutations climatiques ayant affecté négativement les ressources naturelles ainsi que les productions agricoles et pastorales au cours des dernières décennies.

Il a rappelé que, dans le cadre des orientations du Président de la République, Son Excellence Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, les pouvoirs publics ont mis en place, en 2021, le «Dispositif national de réponse aux crises alimentaires et nutritionnelles (DCAN) », présenté comme un mécanisme central de gouvernance chargé de la coordination, de la planification et des interventions anticipatives en période de déficit alimentaire et de sécheresse.

Le ministre a indiqué que ce dispositif s’inscrit dans une vision présidentielle ambitieuse visant à instaurer une politique pérenne de gestion et de financement des crises, que le gouvernement du Premier ministre, M. Mokhtar Ould Djay, s’attache à concrétiser sur le terrain.

Il a ajouté que ce mécanisme repose sur une évaluation annuelle scientifique et précise de la situation alimentaire, à partir des enquêtes de terrain et des données relatives aux précipitations, à la production agricole et à l’évolution des prix, afin d’assurer un ciblage efficace et transparent des interventions en faveur des populations les plus vulnérables.

Le ministre a également mis en avant le fonds spécial créé par l’État pour la mobilisation et le suivi des financements conjoints entre le gouvernement et ses partenaires, le qualifiant d’instrument essentiel pour garantir la durabilité des financements et l’exécution des programmes dans les délais prévus.

Abordant les besoins financiers du plan de réponse 2026, il a expliqué qu’ils résultent d’une situation alimentaire relativement préoccupante dans certaines zones particulièrement vulnérables, conséquence d’une mauvaise répartition géographique et temporelle des pluies enregistrées en 2025.

Le ministre a en outre averti que la situation nutritionnelle demeure préoccupante, notamment chez les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes ou allaitantes, ce qui impose d’accorder une attention accrue aux programmes nutritionnels, dans un contexte marqué par la hausse des prix des denrées alimentaires sur les marchés internationaux et les perturbations persistantes des chaînes d’approvisionnement.

Au terme de son allocution, il a appelé les partenaires internationaux à contribuer activement à la mobilisation des financements nécessaires afin de permettre au gouvernement d’acheminer, dans les délais requis, les aides humanitaires et les appuis destinés aux populations ciblées, tout en leur exprimant sa reconnaissance pour leur soutien constant à la Mauritanie.

Prenant la parole à son tour, la Commissaire à la sécurité alimentaire, Mme Fatimetou Mint Khattry, a affirmé que l’approche préventive adoptée par la Mauritanie depuis 2021 a permis de renforcer sensiblement la protection des populations les plus vulnérables durant les périodes de soudure et de baisse des productions.

Elle a précisé que les études et enquêtes réalisées à l’issue de la saison des pluies 2025, ainsi que l’analyse des indicateurs des prix, ont mis en évidence la nécessité d’une intervention précoce en faveur des groupes fragiles afin de prévenir d’éventuelles crises alimentaires.

La Commissaire a insisté sur la nécessité de maintenir un haut niveau de préparation et de vigilance, annonçant que les réfugiés vivant en Mauritanie font désormais partie intégrante des composantes structurelles du Plan national de protection et de réponse pour l’année 2026.

Elle a enfin appelé les partenaires techniques et financiers à poursuivre leur accompagnement des efforts déployés par les autorités mauritaniennes pour renforcer la résilience des populations et consolider la solidarité sociale.