LA SEmaine… LA SEmaine…

27 April, 2026 - 17:47

Mariem mint Cheikh et Ghamour Achour, deux députées en détention provisoire

Le lundi 20 Avril 2026, le Parquet du tribunal de Nouakchott-Ouest a placé en détention provisoire, suivant la procédure du flagrant délit, qui dispense de la levée de leur immunité, mesdames Mariem mint Cheikh et Ghamou Achour, deux militantes de l’Initiative de Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA), élues députées sous les couleurs du parti SAWAB. Il est reproché aux deux dames « la diffusion de vidéos contenant des critiques virulentes » contre le président de la République et « une atteinte aux symboles nationaux via des moyens numériques ».

 Pour traiter cette affaire suivant la procédure du flagrant délit, le Parquet s’appuie sur la loi 2016-007 du 20 Janvier 2016, relative à la cybercriminalité, qui vise « à encadrer et réprimer les infractions liées aux technologies de l’information et de la communication ». Un texte très élastique, une véritable auberge espagnole, visant plusieurs cyber-infractions du type « accès illégal aux systèmes » ou « altération de données » et autres contenus numériques tels que « l’injure, la diffamation, les propos racistes, l’atteinte aux symboles nationaux, l’incitation à la violence et trouble à l’ordre public ».

Cette procédure du flagrant délit, dont l’effet est la suspension de l’immunité attachée à deux parlementaires, sans passer par un vote de l’Assemblée nationale, suscite une vive controverse. Ainsi, des militants abolitionnistes déplorent « une immunité parlementaire piétinée » et mettent en garde contre « une banalisation de l’exception en Mauritanie ». Sur la base de la procédure suivie par le Parquet qui a directement transmis le dossier au président de la juridiction compétente, les deux députées devraient être jugées au cours d’une audience de flagrant délit du tribunal correctionnel, dans un délai maximum de 29 jours.

 

Mauritanie : la couverture sociale double et atteint 23,1 % en 2024, selon l’OIT

La couverture de la protection sociale en Mauritanie a connu une progression significative, atteignant 23,1 % en 2024 contre 11,6 % en 2019, selon des données dévoilées par l'Organisation Internationale du Travail (OIT).

S’exprimant à l’ouverture des Forums sur la sécurité sociale dans la capitale mauritanienne, la directrice régionale pour l’Afrique, madame Fanfah Arwaindo Kairangwa, a salué « une amélioration tangible » de la prise en charge, notamment au profit des enfants et des groupes vulnérables. Elle y voit le signe d’une dynamique positive des politiques sociales nationales.

Ces avancées s’inscrivent dans le cadre des efforts visant à atteindre les objectifs de développement durable, en particulier l’accès élargi à la protection sociale. Réunissant autorités publiques, partenaires sociaux et experts, les forums qui se sont tenus à Nouakchott ont mis l’accent sur les défis majeurs du secteur : viabilité financière du système, extension de la couverture, amélioration des services et renforcement de la gouvernance. Selon les organisateurs, cette rencontre a permis de jeter les bases d’un dialogue approfondi pour consolider un système de protection sociale plus inclusif et durable.

 

RSF déplore des violences contre les journalistes en Mauritanie

Dans une déclaration rendue publique le jeudi 23 Avril dernier, Reporters Sans Frontières (RSF), une organisation dédiée à la liberté de la presse et la protection des journalistes à travers le Monde, déplore « des violences contre les journalistes » en Mauritanie et « la confiscation de leurs matériels à l’occasion de manifestations ». Ce document se réfère à des cas précis concernant les reporters de certains media, notamment l’Agence Al Akhbar, Sahara 24 et Sahel TV, à l’occasion de la couverture de manifestations organisées le 16 Avril 2026. L’organisation condamne ces actes et appelle les autorités « à garantir la protection des journalistes dans le cadre de l’exercice de la profession ».

Pour  Oussama Bouagila, de RSF Afrique du Nord, « quand un journaliste est frappé à coups de matraque dans la rue et que son téléphone fait l’objet de tentatives d’intrusion dans les locaux de la police, que d’autres professionnels de l’information rapportent des cas de violence, nous ne sommes pas en face de dérapages isolés, mais devant une attaque directe contre la liberté de la presse dans ses fondements ». En Mai 2025, le ministre de l’Intérieur s’était pourtant engagé auprès de RSF à protéger les journalistes de terrain. Au regard des difficultés documentées en Mauritanie, l’organisation invite donc ce responsable gouvernemental à réitérer concrètement les engagements pris en faveur de la protection de ces reporters.