
Quand tout un territoire se lève pour sauver son littoral
Mobilisée pour un littoral propre et durable, N'Diago est une commune située dans le département de Keur Macène dans la région du Trarza. Avec une population de 8 440 habitants en 2000, cette commune côtière vit principalement de la pêche et de l’agriculture, faisant du littoral un enjeu crucial pour la vie quotidienne et l’économie locale.
Une mobilisation citoyenne au lever du jour
À l’extrême Sud de la Mauritanie, la commune de N’Diago s’est réveillée, les 3 et 4 Avril, au rythme d’une mobilisation peu ordinaire. Sous le thème « Ensemble pour un environnement propre et sain », habitants, jeunes, femmes et acteurs associatifs ont convergé vers la plage et le marché aux poissons pour une vaste opération de nettoyage. Dès les premières lueurs, gants enfilés, sacs à la main et casquettes vissées sur la tête, les volontaires s’organisent. Le matériel est fourni, l’organisation bien rodée et la motivation palpable. L’ambiance est conviviale, presque festive, mais la mission est sérieuse : débarrasser le littoral des tonnes de déchets qui l’étouffent.
Un partenariat salué par les autorités
À l’origine de cette initiative, un partenariat entre l’organisation El Emel El Mouchriq (L’Espoir Radieux), la commune de N’Diago et la société BP (British Petroleum). Dans une correspondance datée du 30 Mars 2026, le maire Boydiel ould Houmeïd, s’est félicité de cet accord qu’il qualifie d’exemplaire. Il y voit non seulement une action en faveur de l’environnement, mais aussi une opportunité de promouvoir l’emploi local dans les activités d’assainissement.
Une marée de déchets… et de solidarité
Sur le terrain, la réalité frappe. Plastiques, filets de pêche abandonnés, objets métalliques, tissus… les détritus jonchent le sable et menacent l’écosystème marin. Pendant deux jours, les équipes se relaient dans une véritable course contre la pollution. Au final, plus d’une tonne de déchets est collectée, triée et acheminée vers un site d’enfouissement. Plastiques d’un côté, ferraille de l’autre, déchets divers séparés : le geste est méthodique et responsable. Mais au-delà des chiffres, c’est l’élan collectif qui impressionne. Les groupes rivalisent d’énergie, transformant le nettoyage en un défi solidaire, porté par l’enthousiasme de la jeunesse.
Sensibiliser pour mieux protéger
L’opération ne se limite pas au ramassage. Sur la plage, des séances de sensibilisation rappellent les dangers de la pollution, notamment plastique, pour la biodiversité marine. Les participants découvrent comment ces déchets invisibles ou flottants perturbent la chaîne alimentaire et menacent la survie de nombreuses espèces. À N’Diago, où la mer est une source de vie et de revenus, le message résonne avec force : protéger l’océan, c’est protéger l’avenir.
Un engagement qui dépasse deux journées
Le message est clair : protéger la mer, c’est protéger un patrimoine vital. À Ndiago où la pêche constitue une activité économique essentielle, la préservation du littoral est une nécessité autant écologique qu’économique. Pour Ahmed ould Khlifa, président de l’organisation El Emel El Mouchriq, l’événement dépasse largement le cadre d’une simple opération de salubrité. « C’est un appel à la responsabilité collective », insiste-t-il, invitant pêcheurs, habitants et usagers du littoral à adopter des comportements plus respectueux de l’environnement et à réduire l’usage du plastique. La présence active des représentants
de BP aux côtés des volontaires illustre une dynamique de coopération entre acteurs publics, privés et Société civile, renforçant encore la portée de l’événement. Pelles et pioches à la main, ils se mêlent aux volontaires, illustrant une collaboration concrète entre acteurs publics, privés et Société civile.
Tout au long de la campagne, l’engagement des volontaires se transforme presque en défi amical. Les équipes rivalisent d’ardeur dans la collecte des déchets, dans une ambiance marquée par la solidarité et l’enthousiasme. Venus constater l’initiative, les notables locaux saluent unanimement l’effort consenti et encouragent sa pérennisation.
Quand la plage retrouve son souffle
Au fil des heures, le paysage se transforme. Là où s’accumulaient les déchets, le sable retrouve son éclat. En fin de journée, le spectacle est saisissant : le soleil se couche sur une plage assainie, tandis que les pirogues regagnent la rive. Une prise de conscience collective et le bilan est sans appel : objectif atteint. Mais surtout, une prise de conscience s’installe. Certains promeneurs rejoignent spontanément l’initiative, apportant eux-mêmes des déchets ramassés. Les notables locaux saluent l’engagement des organisateurs et encouragent la pérennisation de telles actions, devenues indispensables face à l’ampleur de la pollution marine.
Nettoyer aujourd’hui, préserver demain
À N’Diago, ces deux journées n’ont pas seulement nettoyé une plage. Elles ont réveillé une conscience. Car derrière chaque sac rempli se cache une évidence : la protection de l’environnement n’est pas une option, mais une urgence partagée. Aussi, ces deux journées auront ainsi marqué bien plus qu’un simple nettoyage. Elles auront semé les graines d’un engagement durable, rappelant que la lutte contre la pollution commence par des gestes simples, mais collectifs. Et si le vrai défi commençait maintenant ? Transformer cet élan collectif en réflexe quotidien, pour que jamais plus la mer ne devienne une décharge, mais reste ce qu’elle doit être : une source de vie.
THIAM Mamadou
Envoyé spécial







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