Hommage à Daouda Ndiaye, le baobab de la plaine de Boghé: Le Baobab est tombé

21 March, 2026 - 16:26

Avec la disparition de Daouda Ndiaye, c’est bien plus qu’un homme que la Mauritanie perd : c’est une mémoire vivante, une conscience droite, une force tranquille qui s’éteint, laissant derrière elle un vide immense.
À Nouakchott, où il a rendu son dernier souffle, la nouvelle de son décès s’est répandue avec une rapidité fulgurante, bouleversant les cœurs et plongeant tout un pays dans une profonde consternation. À Boghé, sa terre natale, l’émotion est indescriptible. Là-bas, chaque ruelle, chaque champ, chaque regard porte l’empreinte de cet homme d’exception.
Pourquoi tant de peine ?
Pourquoi un tel sentiment de perte ?
Parce que Daouda Ndiaye était de ces hommes rares, dont la vie ne leur appartient pas, mais appartient au peuple.
Ancien lieutenant de la gendarmerie, il a servi son pays avec honneur, rigueur et humilité. Dans les brigades où il a exercé, il incarnait le sens du devoir, l’attachement indéfectible à la justice, et le respect scrupuleux de la légalité. Il n’était pas seulement un officier : il était une référence morale, un repère pour ses supérieurs comme pour ses subordonnés, et une garantie d’équité pour les citoyens.
Mais son engagement ne s’arrêtait pas là.
Dans la plaine fertile de Boghé, il s’est imposé comme un véritable artisan du développement. Visionnaire et homme d’action, il a joué un rôle déterminant dans la modernisation du casier pilote, contribuant à améliorer durablement les conditions de vie des populations. Grâce à son sens du relationnel et à sa capacité à fédérer, il a su mobiliser les acteurs du développement rural pour faire de l’autosuffisance alimentaire une réalité pour de nombreuses familles.
Sur le plan politique, Daouda Ndiaye n’était pas un homme de calcul, mais un homme de conviction. Son engagement au sein du parti INSAF, en qualité de fédéral, était guidé par une seule ambition : bâtir un État de droit, juste et équitable. Il croyait profondément en une Mauritanie unie, où le vivre-ensemble dépasse les mots pour devenir une réalité vécue au quotidien. Il portait ce rêve avec sincérité, détermination et dignité.
Aujourd’hui, ce baobab aux racines profondes — politiques, économiques et sociales — retourne à la terre de Boghé, où il a vu le jour il y a 81 ans. Mais son ombre bienveillante continuera de protéger, d’inspirer et de guider.
La marée humaine qui l’accompagne pour son dernier voyage témoigne de l’empreinte indélébile qu’il laisse dans les cœurs. Les grands hommes ne meurent jamais vraiment : ils vivent à travers les valeurs qu’ils ont semées et les générations qu’ils ont inspirées.
Daouda Ndiaye s’en est allé, mais son héritage demeure.

Qu’il repose en paix.

Mission accomplie.

Mamadou Gueye