Après le Venezuela et l’Iran: À qui le tour ?

5 March, 2026 - 23:31

Comme on le redoutait, les États-Unis ont attaqué le pouvoir iranien et éliminé, le 28 Février, son guide suprême, Aly Khamenei. Le régime des mollahs est décapité, puisqu’avec leur chef, d’autres hauts responsables de la révolution iranienne en place depuis 1979, ont péri. Pour rappel, le renversement de la monarchie iranienne, cette année-là, avait abouti à la proclamation de la République Islamique d’Iran. Avec les frappes américaines et sionistes, des centaines voire milliers d’iraniens, sont devenues des victimes collatérales.

Après le kidnapping de Maduro, le président vénézuélien, les menaces sur le Groenland, le retrait de la protection militaire de l’UE via l’OTAN et les frappes « chirurgicales » au Nigéria, le retour au pouvoir de Donald Trump n’en finit plus de menacer les faibles. Celui qui avait fait campagne sur le thème de l’American First prouve qu’aucun État, aucune puissance, ne peuvent résister à celle des USA, et ceux qui auront l’audace de s’y aventurer seront châtiés de leur témérité. Le monde doit ainsi faire le deuil du Droit international et de la démocratie. Au Proche et au Moyen-Orient, en Afrique et même en Europe, presque toutes les démocraties s’inquiètent et nombre de dictateurs tremblent à l’idée même d’entendre Trump parler. Les monarchies du Golfe protégées par l’Oncle Sam ont compris combien elles sont désormais vulnérables, Israël détenant leur sort entre ses mains, avec ses missiles et autres drones. Voyez l’exemple de Gaza, du Liban et, aujourd’hui, de l’Iran… Dans cette situation, on est en droit de se demander si, avec la montée en puissance de plus en plus préoccupante de l’État hébreu, ceux qui ont signé les accords d’Abraham sont à l’abri de tels revers. Le rouleau compresseur semble inéluctablement lancé.

 

Pas concernée, l’Afrique ?

Comme ailleurs, l’Afrique ne doit-elle pas se préoccuper, elle aussi, de son sort ? Traités de « pays de m… » par Donald Trump, l’Afrique est un continent où sévissent des démocraties à géométrie variable. Des chefs d’État s’enrichissent sur le dos de leur peuple, se maintiennent au pouvoir en tripotant leur constitution à leur guise, falsifiant les résultats des élections, muselant ou exilant leurs opposants et peuvent régner comme « bon » leur semble sur des populations dont certaines manquent du plus simple besoin élémentaire… On peut certes rétorquer que cela ne saurait constituer un prétexte pour décider à la place des citoyens. Mais cela peut tout de même être suffisant pour interpeler l’opinion. 

Cela dit, les préoccupations de l’oncle Sam concernent plutôt les ressources minières rares indispensables aux industries américaines. Trump le martèle à longueur de ses sorties médiatiques. Or l’Afrique regorge de celles-là ; elle en a même à revendre. Pour sauvegarder leur fauteuil, certains de ses dirigeants hésiteraient-ils à vendre leur âme ? Dans une analyse des frappes israélo-américaines sur l’Iran, Samba Thiam, le président des FPC, redoute le pire pour l’Afrique noire, maillon des plus faibles. En effet, dans un monde où l’on peut kidnapper un chef d’État et attaquer un pays souverain ; en bref : où la loi du plus fort emporte tout, l’Afrique noire ne court-elle pas le risque d’une« recolonisation » sans recours ?

 

                                         Dalay Lam