
La section mauritanienne du Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l'Environnement (REMAPSEN) a organisé jeudi à Nouakchott un atelier consacré aux sources et perspectives de financement de la Santé de la Reproduction et du Planning Familial (SRPF) en Mauritanie.
Organisée avec l’appui du Partenariat de Ouagadougou, la rencontre a réuni une vingtaine de journalistes des secteurs public et privé autour d’échanges portant sur la mobilisation des ressources domestiques et les défis liés à la gouvernance du secteur.
En ouvrant les travaux, le coordinateur national du Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l'Environnement (REMAPSEN), Bakary Guèye, a salué la tenue de cette rencontre qu’il a présentée comme une opportunité de réflexion et d’échanges sur les mécanismes de mobilisation des financements domestiques en faveur de la Santé de la Reproduction et du Planning Familial (SRPF). Il a remercié les participants pour leur présence et leur engagement, avant de planter le décor des discussions en insistant sur le rôle stratégique des médias dans le plaidoyer, la transparence et la redevabilité.
Intervenant à cette occasion, Dr Mohamed El Kory Boutou, Chef du Programme Santé de la Reproduction au bureau du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) en Mauritanie, a salué la mobilisation par l’État mauritanien d’un montant de 187 000 dollars en faveur de la santé reproductive. Il a toutefois souligné qu’en 2023, les ménages assuraient encore 43 % des dépenses totales dans ce domaine, un niveau qu’il a jugé préoccupant.
Selon lui, l’approche actuelle repose sur un financement mixte combinant ressources nationales et appuis extérieurs, avec un accent sur le plaidoyer budgétaire, l’intégration de la SRPF dans la Couverture Santé Universelle et le renforcement de la chaîne d’approvisionnement en produits contraceptifs. Il a rappelé que le taux de mortalité maternelle demeure élevé, à 424 décès pour 100 000 naissances vivantes, tandis que les besoins non satisfaits en planification familiale sont estimés à 30 %.
Dr Boutou a également indiqué que la Mauritanie bénéficie de l’appui de partenaires tels que la Banque mondiale, l’Organisation mondiale de la Santé, la Coopération espagnole et l’Union européenne, tout en reconnaissant que le pays reste peu ciblé par les grandes ONG internationales spécialisées.
De son côté, Mme Zeynabou Taleb Moussa, présidente de l’Association Mauritanienne pour la Santé de la Mère et de l’Enfant (AMSME), a dressé un constat critique de la situation. Elle a dénoncé un manque de transparence et de redevabilité dans la gestion des financements, estimant que ces insuffisances freinent l’engagement de partenaires internationaux.
Elle a exprimé des doutes quant à la capacité du pays à atteindre les Objectifs de Développement Durable (ODD) liés à la réduction de la mortalité maternelle et à l’accès universel aux services de santé reproductive d’ici 2030, soulignant l’écart entre les engagements internationaux et le niveau actuel de financement national.
Les échanges ont mis en évidence la nécessité d’accroître la mobilisation des ressources domestiques, de renforcer la gouvernance financière et d’améliorer la coordination entre pouvoirs publics, partenaires techniques et société civile afin de garantir un financement durable et efficace de la santé reproductive en Mauritanie.





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