Présumée  cas d’esclavage d’une mineure: le parquet classe sans suite

16 February, 2026 - 19:51

Le parquet de Nouakchott Ouest a annoncé, ce 16 février, avoir classé sans suite une enquête ouverte pour un cas présumé d’esclavage impliquant une fillette de 11 ans, estimant que les éléments constitutifs de l’infraction n’étaient pas réunis.

Dans un communiqué rendu public, le Parquet de la République près le Tribunal spécialisé dans la lutte contre l’esclavage, la traite des personnes et le trafic de migrants indique avoir été saisi le 4 février par le commissariat spécialisé dans les mineurs de Nouakchott Nord, à la suite d’une plainte accompagnée de photos et de vidéos diffusées sur les réseaux sociaux. La plainte avait été déposée par l’initiative IRA (Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste).
Le procureur avait alors ordonné l’ouverture d’une enquête préliminaire pour suspicion d’esclavage ou d’exploitation de la vulnérabilité. Les personnes concernées ont été entendues, ainsi que plusieurs témoins, tandis que les suspects ont été placés en garde à vue.
Selon le parquet, les investigations ont établi que la fillette séjournait depuis moins de trois mois au domicile d’une famille amie de sa mère, à la demande de cette dernière, invoquant des difficultés financières pour assurer sa scolarité. Les autorités judiciaires affirment que la famille d’accueil prenait en charge son inscription dans une école publique et ses besoins essentiels.
L’enquête conclut que l’enfant n’a été ni privée de liberté, ni soumise à une quelconque forme d’exploitation, de travail forcé ou de violence. Le parquet souligne également l’absence de lien social pouvant fonder une présomption de relation d’esclavage entre les parties.
Le communiqué affirme par ailleurs que les images diffusées pour étayer la plainte auraient été «fabriquées » ou mises en scène dans des «circonstances orientées ne reflétant pas la réalité». Des membres de l’initiative IRA sont accusés d’avoir organisé certaines prises de vue afin de créer une impression trompeuse.
Sur la base des éléments recueillis, le parquet a décidé de classer la procédure, tout en rappelant que les crimes d’esclavage figurent parmi « les atteintes les plus graves à la dignité humaine » et feront l’objet d’une fermeté particulière dès lors que des preuves sérieuses seront établies.
Il met également en garde contre « l’invention de faits et la manipulation d’informations », affirmant se réserver le droit de poursuivre tout acte contraire à la loi révélé par l’enquête.