Missions du parti INSAF à l’intérieur du pays : Des mots sur les maux

13 February, 2026 - 13:40

Les élus, cadres et militants des instances de l’INSAF ont profité du séjour des missions de cette formation pour mettre les mots sur les principaux maux dont souffre leur formation. Selon diverses sourcesd’informations (vidéos, audios et écrits), ils ont mis le doigt sur les faiblesses du principal parti de la majorité présidentielle. Au Trarza, au Brakna, au Gorgol, au Tagant, au Guidimakha et un plus tôt à Nouakchott, tous ont déploré les dysfonctionnements au sein de leur troupe. Venus expliquer les résultats de leur dernier congrès, tenu le 25 Décembre dernier qui les a dotés de nouvelles instances – élection d’un nouveau président en la personne de l’ancien Premier ministre Mohamed Bilal, Comité permanent, Conseil national, commissions nationales des femmes et des jeunes, renouvellement des instances de base –, les missionnaires du parti se sont entendus cracher des vérités parfois très amères. « La direction où nous sommes engagés n’est pas la bonne, on ne nous a jamais demandé notre avis sur les décisions à prendre, nos structures sont vieillottes ; l’INSAF est miné par les rivalités internes, ses instances de base élues sur des critères subjectifs ; tribalisme, népotisme, favoritisme, voire incompétence ; les responsablesn’écoutent pas les militants et ne traitent pas des préoccupations des gens », ont martelé plusieurs intervenants au cours des réunions. Et de réclamer un véritable changement dans la conduite des affaires,comme la mise en place d’un cadre de médiation et de conciliation. En somme, prendre des décisions fortes pour redynamiser le parti. Dans le cas contraire, les protestataires redoutent que celui-ci court de gros risques lors des prochaines échéances électorales. Plusieurs élus et militants ont également étalé les préoccupations des populations de leur circonscription : eau, électricité,école, notamment. Il n’est un secret pour personne que certains acteurs politiques ont de la peine à convaincre leurs concitoyens à les suivre, faute de satisfaction des doléances maintes fois et vainement répétées de ces derniers.

 

Un parti en mutation

 

Face à ces préoccupations, Mohamed Bilal a reconnu que les instances de base du parti sont certes anciennes, personne n’en disconvient, mais qu’elles demeureront opérationnelles jusqu’à la prochaine campagne de réimplantation de celui-ci et que tous doivent donc les respecter. En bref, chaque chose en son temps : l’INSAFest en pleine mutation pour le rendre plus dynamique et,surtout, à l’écoute des populations. Cependant et àécouter les différentes interventions, on note que certains ne sont pas pressés de renouveler leur organisation ; ils craignent, comme toujours, des tensions internes. Car les campagnes d’implantation ont toujours été des occasions, pour les acteurs locaux, d’étaler leurs divergences. Chacun voulant se positionner à travers les unités de base, sous-sections, sections et fédération amenées à sélectionner les candidats aux différentes élections. Comme on l’a toujours vu, ces désignationssuscitent des frustrations parce qu’elles ne correspondent, dans la majorité des cas, à aucun critère objectif. 

En dépit de tout cela et de la volonté de redynamiser l’INSAF, une campagne d’adhésion reste primordiale. Elle permet de connaître le nombre de militants véritables, le « poids réel » des acteurs politiques qui se disputent le leadership local, de mettre en place des instances locales représentatives des circonscriptions et,à la direction du parti, de choisir judicieusement les postulants aux élections et autres nominations. C’est là un gros défi pour le nouveau président du parti qui,soulignons-le, a reçu de chaleureux accueils populaires au Gorgol, à la veille de la visite, le 8 Février, du président de la République dans la région.  

 

                                 Dalay Lam