
J’ai l’honneur de porter à votre connaissance un triste et douloureux évènement survenu au Centre Hospitalier de Rosso le 08 mai 2025. Ce jeudi-là, je me suis présenté à 16h avec mon fils de 29 ans aux urgences de votre structure. Il souffrait d’une angine sévère et de sérieuses difficultés respiratoires. L’inspiration bloquée au niveau du larynx occasionnait momentanément des arrêts respiratoires. À un certain degré de sa souffrance, il me dit : « Papa, ne peuvent-ils pas me mettre du gaz ? » (allusion à l’oxygénation). Plusieurs fois, j’ai interpellé le cardiologue et la dame médecin en ce sens, insistant sur la situation de plus en plus critique du patient qui s’évanouissait parfois.
À 23 h 27, il nous fit part, d’une voix à peine audible, de son état de santé : ensommeillement, douleur atténuée, étouffements rapprochés. De nouveau interpellés, les docteurs ont invariablement évoqué une bonne saturation et un fonctionnement normal des poumons mais sans se soucier de la persistance manifeste de la difficulté respiratoire du malade. À la dernière sortie de la dame médecin après examen d’une boîte reliée au pouce du patient par un câble égrenant continuellement des chiffres et des ondulations, mon fils la suivit d’un regard désespéré, comme pour lui signifier qu’elle le laissait mourir.
Après quelques minutes, il descendit de son lit, s’étira fortement, y retomba et succomba. Il était minuit. Nous nous retrouvâmes tous stupéfaits à son chevet, avec le cardiologue, la dame médecin, le gestionnaire et l’infirmière. M’adressant en pulaar à cette dernière, je lui ai demandé s’il était mort. Elle me renvoya aux médecins. Je me retournai alors vers mon fils qui me fixait comme d’un regard d’adieu. Je pris sa tête dans mes mains et fondis en larmes, « Allahou Akbar ! »
Récurrentes questions
En fait ce qui me trouble et m’inquiète, c’est cette réticence des médecins à assister un patient qui luttait contre la mort, huit heures durant, suite à une complication respiratoire avérée. Incompétence, inexpérience, négligence, erreur professionnelle, absence de plateau médical performant ou protocole incomplet ? Autant de questions auxquelles j’attends des réponses lucides et convaincantes qui m’édifieront peut-être et me soulageront. À défaut, je me confierai à travers les media, aux professionnels de santé et autres pour d’éventuels commentaires et impressions.
J’apprécie, cependant et avec une intime conviction, les qualités du cardiologue pour sa ponctualité, son assiduité, sa disponibilité et son omniprésence. Néanmoins, l’erreur et la faillibilité demeurent humaines. Il avait suivi avec professionnalisme, durant environ deux ans, mon fils qui s’était déjà présenté seul à lui, au matin de ce jeudi noir, et je lui en sais gré.
J’avais déjà en outre vécu, le 10 Novembre 2023, une scène quasi similaire au CH Rosso : ma belle-mère y était placée sous oxygène. L’appareil débranché, on la libéra aussitôt, certes prématurément, sans aucune observation ni surveillance. La voilà au rez-de-chaussée, assise sur un chariot, et, tout autour d’elle avec l’équipe médicale, nous attendions l’ambulance. Elle aimait la plaisanterie, la distraction, les conseils et les débats constructifs. Elle remercia et félicita vivement les médecins pour les services rendus.
Mais, arrivée à la porte de mon domicile, elle s’agenouilla et… décéda ! Nous la ramenâmes précipitamment à l’hôpital où, toujours en place, les médecins confirmèrent son décès. Paix à son âme, amine ! Notre surprise et notre déception furent évidemment extrêmes. Tout comme, bien évidemment, en ce qui concerne mon fils, parti après avoir soufflé ses vingt-neuf bougies. Certes, c’est par la volonté d’Allah que son destin a été brisé sur cette terre et je m’en réjouis, paix à son âme, amine ! Dieu déterminera en toute impartialité la responsabilité de tout un chacun dans cette mystérieuse disparition. Et veuillez recevoir, Monsieur le Directeur Général, l’expression de mes sentiments distingués.
Le 1er Août 2025
Sy Moussa Mamadou, fonctionnaire à la retraite résidant à Rosso (48633825 et 46435378)





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